25 octobre 2019

Le « rai » : les origines de cette monnaie de pierre

Monnaie de pierre Yap

18e siècle, au milieu de l’océan pacifique. Des femmes et des hommes rament avec peine dans leurs canoës. Ils tirent derrière eux, sur des radeaux, de grands et lourds cercles en pierre taillée, dont certains font près de 3 mètres, et ils vont parcourir ainsi près de 700 kilomètres ! Pourquoi font-ils cela ?

Le petit groupe vient de quitter l’île de Palau et retourne chez lui, sur l’archipel de Yap. Les grandes pierres rondes qu’ils rapportent ce sont des « rai » : c’est leur monnaie !

Historiquement, la monnaie est apparue pour remplacer le troc. Se mettre d’accord sur un objet qui symbolise la valeur de ce que l’on veut s’échanger, c’est plus simple que de faire réellement l’échange. Ainsi, si 1 vache vaut 20 poules, plutôt que d’apporter les animaux, il est plus pratique d’utiliser par exemple des coquillages, dont la valeur en poule ou en vache est reconnue par tous. Ce rôle « d’intermédiaire des échanges » est une des fonctions de la monnaie.

Au quotidien, les Yapais utilisent aussi des coquillages… Alors pourquoi se donner du mal avec leurs rai ? C’est qu’ils leur servent de « réserve de valeur », une autre fonction de la monnaie. Plus la pierre est grande et difficile à déplacer, plus elle est précieuse. Et quand un Yapais meurt durant son transport en mer, le rai prend encore plus de valeur !

Le rai est une « monnaie primitive » réservée aux grandes occasions : on l’offre en cadeau de mariage, ou pour résoudre des conflits. Le dernier rai aurait été taillé en 1931 par un Yapais banni : il voulait acheter son droit de revenir… à la rame ?

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