6 novembre 2020

Wone : interview de l’artiste rémois

Interview de Wone, street-artiste de Reims

En vous baladant à Reims, en passant par les rues des Augustins ou du Clou-dans-le-Fer notamment, vous avez peut-être déjà croisé, sans le savoir, l’univers graphique de Wone. Si vous êtes venu à l’édition 2019 de notre partenaire art3f, vous avez également pu le rencontrer sur son stand.

De juin à septembre 2020, une œuvre unique de Wone, réalisée pour l’occasion, a été intégrée à la devanture de la Galerie by CA, place d’Erlon à Reims. Nous avons proposé à l’artiste rémois de répondre à plusieurs de nos questions afin d’en savoir davantage sur son art, ses techniques, ses collaborations, ses projets et sur les émotions qu’il souhaite faire passer au travers de ses œuvres.

À la découverte de Wone

En quelques mots, qui es-tu et peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je m’appelle Wone, je suis artiste peintre/muraliste originaire de Reims. Ma première expérience avec la peinture remonte au collège avec la pratique du graffiti. Je n’ai jamais cessé de peindre depuis et je ne pensais pas en faire un jour mon métier.

Quelles sont tes influences et tes sources d’inspirations (des courants artistiques ou des artistes en particulier) ?

Les peintures aspectives de l’Égypte antique m’ont toujours fasciné. C’est donc tout naturellement que je me retrouve beaucoup dans le cubisme avec des peintres tels que Picasso, Marcoussis et plus récemment Adami. Et aussi les artistes urbains contemporains tel que Belin, Mambo ou encore Alex Yanes mais également les Ultras-Boys avec notamment Pro176 et Sozyone, dont j’ai toujours admiré le travail. J’aime créer en musique, qui est également une source d’inspiration importante. Les dessins préparatoires étant très instinctifs, la musique m’aide à capter l’énergie que je veux faire passer dans mes réalisations.

Quel est ton lien avec Reims, ta région ?

Je suis né et j’ai grandi à Reims. C’est ici que j’ai développé très jeune, une véritable passion pour l’exploration urbaine. Cela m’a permis de découvrir et de peindre dans des lieux insolites et par conséquent de faire évoluer mon travail en expérimentant de nouvelles techniques. Après plusieurs années dans le nord de la France ainsi qu’à l’étranger, j’ai eu l’occasion de travailler sur différents projets depuis mon retour dans ma ville natale en 2018. La capitale Champenoise évolue, et le virage artistique qu’elle est en train d’opérer promet de belles perspectives dans le domaine de la peinture urbaine.

Wone et son rapport à l’Art

Depuis quand appartiens-tu au mouvement « street art » ?

Le Street-art est un mouvement artistique qui utilise l’espace public comme champ d’intervention. Il est parfois lié à une approche plus mercantile de l’art. Je pense donc appartenir à ce mouvement dès que je suis amené à réaliser une commande pour une ville, une structure, un particulier… C’est d’ailleurs ce qui me permet de vivre de ma passion tout en continuant à peindre en atelier ou dans les lieux isolés que je découvre lors de mes voyages.

Comment définis-tu ton style, ta démarche artistique ? Quel est ton processus de création ?

C’est un mélange entre « flat-design » (en référence aux peintures aspectives Égyptiennes qui nient tout concept de perspective) et « Néo-Cubism ». Il reprends les codes du cubisme classique en y ajoutant des techniques plus contemporaines qui se retrouvent dans le graffiti et la peinture urbaine notamment. Mon travail repose sur trois axes fondamentaux : les courbes, les aplats de couleurs et l’équilibre des formes. Le processus de création est quant à lui toujours le même. Plusieurs croquis rapides et spontanés réalisés à la main avant d’être retravaillés sur ordinateur jusqu’à obtenir une composition équilibrée et harmonieuse. Cette étape permet également de réfléchir à la gamme de couleur utilisée. Vient alors la phase de peinture à la bombe ou au pinceau sur le support choisi.

Abordes-tu différemment tes œuvres, qu’elles soient implantées dans la ville, où qu’elles soient sur un médium qui peut être transporté, accroché ou exposé ?

La différence fondamentale selon moi entre le travail d’atelier et les interventions sur le paysage urbain se trouve dans le lien social et l’impact visuel de l’oeuvre. L’atelier permet un processus de création plus introspectif et personnel. Bien que j’aie toujours aimé peindre seul, j’aime également transmettre ce que j’ai appris aux autres. Je suis d’ailleurs régulièrement sollicité pour intervenir dans les lycées, centres sociaux ou de vacances, hôpitaux… afin d’y réaliser des peintures participatives. La toile quant à elle mérite une attention toute particulière, car contrairement à la peinture urbaine qui reste éphémère, elle est faite pour durer dans le temps. Le choix des matériaux, les couches de peintures, l’apprêtage et le vernissage sont des étapes clefs pour un résultat durable.

Quels messages cherches-tu à véhiculer à travers tes œuvres ?

Je ne cherche pas à véhiculer de « message » à proprement parler. Je préfère les notions d’énergie, d’émotion, de flow… La libre interprétation est une invitation à voyager dans la toile ou sur le mur. Il stimule le regard créatif du spectateur sur l’œuvre en créant des paréidolies visuelles. Cette dynamique est très importante pour moi.

Quel est le projet ou l’œuvre dont tu es le plus fier ?

La réalisation d’un mur pour Cora Nord l’été dernier à Reims m’a donné beaucoup de satisfaction. Chaque peinture participative me rend également très fier, mais c’est avant tout une source de partage et d’échange. Plus récemment, le mur réalisé avec les adultes admis à l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail) fût une expérience humaine très riche, particulièrement émouvante.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans le monde du « street art » ?

D’être patient et persévérant, d’expérimenter et de nourrir sa culture artistique. De manière générale, je pense qu’il est important de stimuler la créativité dès le plus jeune âge.

 

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Wone et le Crédit Agricole du Nord Est

Peux-tu nous parler de ton expérience avec la galerie ?

Je la perçois comme une réussite aussi bien humaine qu’artistique. La Galerie by CA est un concept novateur qui contribue beaucoup à la diffusion de l’art dans la ville. Il permet de présenter de façon moderne et interactive, les acteurs de la scène artistique Rémoise à un public très large. Merci pour ce partage.

Vous pouvez suivre Wone sur Facebook et Instagram.

Nous vous invitons également à retrouver nos articles sur les artistes Nathalie Sejean et Céz Art.

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